Appartenance au Monde

Mon penchant pour la nature semble élémentaire, sans désir de connaissance savante
un goût pour le paysage du très proche au très lointain, pour contempler le détail de l'eau, voir la forêt à hauteur d'enfant
ou des vastes paysages sans âge à travers l'infime trou percé dans une boîte en bois.
Un espace et un temps sans date ni repère, une sorte de fil ininterrompu entre le passé
qui m'habite sans cesse et la conscience que j'ai de moi au présent.

Près des rivières, des roches je perds cette auto-conscience qui me poursuit et me gêne.
Elle se dissout enfin dans un sentiment très fort d'appartenance à ce monde sans questionnement existentiel.
Il est. Point barre.

J'y vis avec le plaisir sans borne de la contemplation solitaire. Pas de contradicteur, pas de doute.
La souveraineté de suivre son propre rythme même s'il est à contretemps des autres.
Ça ne se voit pas, et même si ça se voyait, on s'en fout. Je suis bien.

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